PREMIÈRE CINÉTIQUE
Printemps-Été 2017
Défilé du 24 janvier 2017

Julien Fournié s’inspire de l’art cinétique et des travaux de ses maîtres dans les années 1960. Le nouveau « membre permanent » du cercle restreint de la Haute Couture rythme son dialogue entre 2D et 3D de formes mi-géométriques, mi-physiologiques qu’il utilise aussi bien dans l’architecture des pièces qu’il propose que dans les motifs graphiques qui les embellissent.

Sa célébration cadencée du mouvement appréhende le corps comme une sculpture en marche et l’accompagne de volumes épurés, aux coupes et aux montages élaborés. Julien Fournié induit dans son répertoire vestimentaire une liberté accrue pour les corps. Les longueurs raccourcissent, davantage de peau se dévoile dans une collection qui découvre les épaules, sculpte les bustes, élance les jambes. La palette de couleurs franches fait vibrer côte à côte le citron, le blanc optique, l’orange, le fuchsia, le menthol dans les imprimés et jacquards exclusifs de la saison.

Dentelles et résilles en blanc optique ou en noir absolu donnent du relief et de la profondeur aux imprimés qu’elles emballent dans les propositions de prêt-à-porter de la Maison.
Un tissu comme un tweed laqué a effet déchiqueté réinterprète le tailleur.
Le lamé s’incruste dans le bleu nuit pour faire entrer l’allure jeans dans l’ultra-luxe.
Les shorts près du corps soulignent le galbe des jambes,
Les chemisiers « cerf-volant » se jouent des longueurs.
Le jersey sert de matériau fétiche aux ensembles architecturés qui géométrisent les silhouettes.

Les robes-bustiers ont la part belle : leurs ampleurs s’évasent des hanches à mi-mollet pour se parer d’abord de broderies en « drippings » à la Jackson Pollock, elles enflent dans le jacquard à motifs à la Alexander Calder, s’épanouissent dans les rayures bayadères…
Une jupe en triple organza noir reprend cette forme et se pare d’une nouvelle broderie développée en partenariat avec Synia, grâce à la technique du « doming ».
Un voile de mousseline dégradée danse autour d’un fourreau, les rayures optiques à la Jesus Rafaèl Soto se parent de sequins « surprise », une guipure adopte les couleurs franches de la saison et se découpe en 3D pour faire cascader les fleurs.

Aux désormais classiques sandales et escarpins à compensé Julien Fournié conçus grâce aux solutions 3D du FashionLab de Dassault Systèmes, s’ajoutent des salomés, réinterprétées dans les trois couleurs phares de la saison.
A l’instar des broderies « cinétiques », les colliers volumineux et les tiares se découpent dans l’altuglas cristal, le noir laqué ou le blanc optique pour se jouer, à la Raymond Moretti, de la géométrie dans l’espace et ajouter au caractère graphique de la collection, jusqu’à la mariée futuriste.

PREMIÈRE LUMIÈRE
Automne-Hiver 2016/2017
Défilé du 5 juillet 2016

Le compte à rebours est lancé. La planète terre fait partie de l’univers fini et s’éteindra bientôt. Julien Fournié explore les galaxies et l ‘astrophysique pour y dénicher un chemin d’espoir, éloigné de tout cynisme. « Première Lumière » est le titre de la collection automne-hiver 2016-2017 du couturier français, comme un écho contemporain au surnom de Paris, Ville des Lumières, comme une perspective éclairée concernant la seule valeur qui pourrait transcender l’espace-temps : l’amour.

Dans notre espace tridimensionnel où l’égoïsme des êtres humains fait rage, on se barde de noirceur, de carapaces et de sang sous une voute céleste pourtant infiniment fascinante. La rigueur architecturée des manteaux est contrebalancée par la féminité de bijoux fondus évoquant les signes des temps. Le couturier appelle au fil de son défilé à une fondamentalisation de l’élégance et, de manière de plus en plus essentialisée, met le corps en lumière grâce à une déclinaison des techniques du « contouring ».

Parures et broderies jouent un rôle essentiel dans cette démarche : d’abord scintillantes sur un nouveau broché exclusif pour évoquer les chatoiements des nébuleuses, ensuite tamisées par un voile évoquant la « matière noire », elles deviennent stalactites de cristal grenat dans une mise en gravitation de formes organiques. Elles finissent par jouer la carte de la discrétion sur des camaïeux de « nude » pour accentuer le morphing des corps.

Les matières sont nobles :
– En triple organza de soie ou en organdi de coton, voire en cuir affiné à l’extrême, les chemisiers intègrent les soufflets des uniformes de l’espace et s’incrustent de manchettes autour de poignets volantés ou de flèches dans les cols asymétriques.
– En dentelle Sophie Hallette aux motifs ésotériques ou dans les brocarts exclusifs réalisés en collaboration avec la maison Sfate & Combier, les femmes osent incruster leur jupe longue ou la doublure de leur manteau de mohair.
– En mousseline, georgette ou jersey de soie, les coupes sont soulignées d’assemblages anatomiques.

Tout appelle ici à rechercher une quatrième dimension. Julien Fournié, co-fondateur du FashionLab de Dassault Systèmes, appelle au développement de la recherche d’outils du futur sans berner à propos de nouveaux gadgets technologiques :

« La Haute Couture doit continuer d’être à la mode ce que la physique quantique est à l’astronomie » dit-il.
« C’est à dire permettre l’entrée dans une autre dimension grâce à une révolution conceptuelle. »

PREMIER PARADIS
Printemps-Été 2016
Défilé du 26 janvier 2016

Le rythme apaisant des vagues sur une grève de sable blond cède à l’enchantement des mélodies des films d’aventure composées par John Barry. Clou de girofle, ambre, vétiver déploient leurs voluptés et annoncent des rivages tropicaux : Julien Fournié a transformé la nef de l’Oratoire du Louvre en un vaisseau voguant sur les eaux d’un océan allégorique à l’abordage d’un archipel imaginaire, paradisiaque et mystérieux.

L’élégance des habitantes de ces rivages s’y dessine d’abord dans la fraîcheur d’un imprimé sur lin blanc : grandes fleurs tropicales aquarellées s’imposent dans une charmante petite robe ajustée. Le pantalon cigarette ultra-fitté qui suit se porte avec une douce veste à croisure drapée couleur chair de papaye pour entraîner la gamme de couleurs puisée dans les roses vifs vers les orangés tendres. S’ensuivent toutes les couleurs des forêts tropicales océaniques : du rose saturé des fruits du dragon au violet des mangoustans au ou aux verts intenses des feuilles du philodendron, en passant par tous les tons francs des strelitzias, des hibiscus ou les reflets des lagons.

La chevelure opulente, digne des plus troublantes héroïnes de films d’aventure anglo-saxons des années 1960 et 1970, les femmes fatales du paradis Fournié invoquent la Jacklyn Smith des « Drôles de Dames » ou la Jacqueline Bisset de « The Deep » tout en s’autorisant la toile de jean, pourvu qu’elle soit taillée dans des découpes qui flattent la féminité. De même, la basque amovible d’une redingote en jean, puis en brocart lagon, se pressionne aussi sur un fourreau taillé dans le même crêpe fuchsia. Mais ce n’est pas ici la seule évocation du tailleur dans le flou. A plusieurs reprises, le couturier crée un double pli à l’encolure et autour du décolleté pour évoquer, comme en filigrane, le travail du tailleur dans ses grandes robes.

Les jacquards comme les broderies modernisent encore le propos en évoquant des efflorescences asiatiques dans une vision fragmentée. Le traitement graphique des brochés dans des alliances chromatiques saisissantes s’ennoblit de broderies tridimensionnelles aux éclats métalliques coordonnés qui remplacent les bijoux du créateur. Fleurs et feuilles d’oiseaux de paradis recréées en tissu ou en perles de verre mattes viennent çà et là agrémenter les tenues. Jusqu’à la robe de mariée finale, volume taillé dans le même lin imprimé d’orchidées que la robe de cocktail d’ouverture. Elle se porte avec un boléro coordonné entièrement rebrodé de sequins transparents, pour un effet rafraichissant de rosée, hérissé d’un essaim d’éclats de cristal.

On retient également :
– Pour l’allure : le large pantalon de « gaucho » violine à taille haute porté avec un chemisier fluide couleur goyave
– Pour la légèreté : la jupe courte noire à ruchés et son top à broderie de feuille de philodendron en intarsia.
– Pour l’opulence : deux robes entièrement recouvertes de dentelles rebrodées Sophie Hallette. Le choc des couleurs de la première porte des accents africains, tandis que la seconde fait exploser des feux d’artifice.
– Pour la silhouette : deux fourreaux s’enroulent autour du corps pour mettre en valeur les courbes féminines par un jeu de 172 boutons qui bannissent les pinces.

Imprimés graphiques de forêt tropicale luxuriante, broderie d’yeux de félins sauront plaire à celles qui favorisent les couleurs fortes dans une tonalité ultra-chic. Ils voyagent aussi bien sur les 15 premiers looks de prêt-à-porter de luxe que dans les 17 robes de Couture. Disponibles, dès le lendemain du défilé, en boutique pour les premiers, en salon pour les seconds, ils créent un lien privilégié entre prêt-à-porter et Couture, mannequins et clientes, podium et boutiques.

Julien Fournié
PREMIERE NUIT

Julien Fournié s’inspire du cinéma fantastique de la première moitié du XXème siècle pour réinventer cette saison la magie de la Couture parisienne.

Fasciné par l’étrange et l’illusion des films de Karl Freund ou de Marcel L’Herbier (comme respectivement « Les mains d’Orlac » ou « La nuit fantastique »), le couturier français dessine des personnages de femmes dont le mystère rehausse la force.

« J’ai aussi lu une édition de la correspondance entre les sœurs Mitford  « Letters between Six Sisters », confie le jeune couturier. « J’ai été fasciné par l’indépendance de pensée de ces femmes du monde, complices malgré leurs points de vue politiques opposés et lerus relations tumultuesues, mais toujours prêtes à briller ensemble en société par leur élégance merveilleuse, même dans des époques troubles. »

Carrures contenues mettant en valeur un port de tête altier, tailles marquées, hanches légèrement arrondies, dos jouant de découpes et de transparences, les silhouettes de Julien

Fournié se taillent cette saison dans une collection qui fait chanter les noirs. Les brillances du velours gris, tous les éclats de l’émeraude, la profondeur du rubis resplendissent dans la « Première Nuit » de Julien Fournié.

Dans cet univers d’illusions, les manches se prolongent comme des gants qui recouvrent la main jusqu’à l’articulation du pouce, le tulle « nude » voile à peine la peau dans une ensorcelante stratégie de charme.

La moire omniprésente se substitue souvent au velours ou au vinyle craquelé en un tour de passe passe à l’arrière des premiers smokings. Les silhouettes qui ouvrent le défilé révèlent la collection de prêt-à-porter de la saison disponible en magasin dès le lendemain (notamment au Printemps à Paris). L’univers de la magie est évoqué dans ces quinze premiers passages, notamment à travers des capes intégrées à l’arrière d’une gabardine et d’une petite robe grise, dans une redingote avec trompe-l’œil de gilet intégré, dans les vestes à queue-de-pie amovible, dans deux jumpsuits aux fabuleuses incrustations de dentelle ou de brochés reliefés

L’imprimé de la saison évoque une ville Art Déco qui se découpe en noir sur un ciel prune.

Julien Fournié y taille un tunique, une longue jupe portefeuille et un ample chemisier à lavallière qu’il décline également dans un broché léger noir et argent.

Les vingt passages suivants relèvent de la précise féérie de la Couture parisienne. Le velours

se brode de sequins ton sur ton aux éclats retenus. Certain décolleté de forme « diamant » se pare de motifs géométriques Art Déco. Le travail entrepris en collaboration avec Sophie Halette renouvelle l’utilisation des embellissements sur la dentelle en ajoutant de la profondeur à la vulnérabilité grâce à un travail en trois dimensions.

Drapé en jersey de soie fuchsia à dos asymétrique, bustiers scintillants s’évasant en corolle, robe de mousseline ou de jersey ajouré, fourreau à capuche bi-matière et velours brodé, sculpture textile à bouquet de plantes carnivores enchantent jusqu’à la robe finale en vinyle craquelé noir au volume époustouflant.

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